1. Définition et nature du stress
-
Stress : réponse adaptative de l’organisme à une contrainte,
quand la demande perçue dépasse les ressources perçues.
-
Il dépend :
- de la situation,
- de l’histoire personnelle,
- de la perception (menace vs défi),
- du contexte (fatigue, soutien, culture de service).
Ce n’est pas seulement l’événement qui stresse, mais la manière dont il est
perçu.
2. Eustress vs détresse
Eustress (stress positif)
- Stimule : vigilance, performance, motivation.
- Utile avant un examen, une garde, une urgence.
- Courte durée, contrôle préservé.
Détresse (stress négatif)
- Submersion, panique, perte de contrôle.
- Altère : jugement, communication, performance clinique.
- Prolongé → épuisement, burnout.
Objectif : transformer le stress en eustress, éviter la
dérive en détresse.
3. Mécanismes du stress (Selye)
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Phase d’alarme
- Activation système sympathique
- Adrénaline, cortisol
- Tachycardie, vigilance, tension musculaire
-
Phase de résistance
- Adaptation partielle
- Performance encore maintenue
- Risque d’épuisement si prolongé
-
Phase d’épuisement
- Fatigue profonde
- Baisse de motivation
- Troubles somatiques et psychiques
- Terrain du burnout
4. Composantes du stress
-
Physiologique : tachycardie, sueurs, tension, troubles
digestifs, insomnie.
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Cognitive : pensées catastrophistes, ruminations,
difficultés de concentration, erreurs de jugement.
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Comportementale : agitation, isolement, irritabilité,
procrastination, surconsommation (café, tabac, sucre…).
5. Sources de stress en milieu médical
Facteurs personnels
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Perfectionnisme, manque de confiance, peur de l’erreur, fatigue chronique.
Facteurs professionnels
-
Surcharge de travail, urgences, gardes, incertitude clinique, décisions
vitales, hiérarchie exigeante.
Facteurs relationnels
-
Patients difficiles/agressifs, familles anxieuses, conflits d’équipe,
mauvaise communication.
Facteurs organisationnels
-
Manque de moyens, lourdeur administrative, environnement bruyant,
désorganisation.
6. Manifestations du stress
Physiques
-
Tension musculaire, céphalées, palpitations, troubles du sommeil, fatigue
persistante.
Émotionnelles
- Irritabilité, anxiété, peur, tristesse, perte de motivation.
Cognitives
- Baisse de concentration et mémoire, précipitation, erreurs de jugement.
Comportementales
-
Isolement, explosivité, retard, désengagement, recours aux substances
(café, tabac…).
Ces signes sont des signaux d’alerte à repérer précocement.
7. Conséquences du stress mal géré
-
Santé physique : baisse immunitaire, troubles digestifs,
HTA, risque cardio.
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Santé mentale : anxiété, dépression, burnout (épuisement,
cynisme, sentiment d’incompétence).
-
Relation de soin : perte d’empathie, agressivité ou
froideur, conflits, rupture de confiance.
-
Performance clinique : erreurs, oublis, décisions hâtives
ou blocage, absentéisme.
8. Stratégies de gestion du stress
1️ Prendre conscience
-
Journal du stress, auto-observation, échelle 0–10, repérage des signaux
précoces.
2️ Agir sur les pensées
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Repérer les distorsions (“je dois être parfait”, “si je me trompe tout est
fini”).
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Restructuration cognitive : formuler des pensées plus réalistes et
aidantes.
3️ Agir sur le corps
- Respiration abdominale, cohérence cardiaque, relaxation musculaire.
- Sommeil, activité physique, nutrition équilibrée.
4️ Agir sur le comportement
- Priorisation (important/urgent), gestion du temps.
- Demande d’aide, travail en équipe, supervision.
5️ Agir sur le sens
-
Se reconnecter à ses motivations profondes, ses valeurs professionnelles.
- Donner du sens aux efforts : “pourquoi je fais ce métier ?”.
9. Prévention et résilience
- Développer une confiance en soi réaliste, accepter ses limites.
- Apprendre par l’erreur plutôt que s’y écraser.
-
S’appuyer sur le soutien social : collègues, encadrants, famille, groupes
de parole.
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Encourager une culture institutionnelle bienveillante (RMM non punitive,
dispositifs de soutien).
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Recourir à des outils spécifiques : programmes de mindfulness, coaching,
psychothérapie, formations CNT.
10. Messages-clés
- Le stress est normal en médecine : il fait partie du métier.
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Bien géré, il est un moteur d’adaptation ; mal géré, il devient facteur de
souffrance et d’erreurs.
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Apprendre à gérer son stress fait partie intégrante du professionnalisme
médical.
- Prendre soin de soi, c’est prendre soin des autres.