La médecine repose sur deux piliers indissociables :
La relation médecin–malade n’est pas un “bonus”, ni un comportement gentil :
Elle influence directement le diagnostic, l’observance, la sécurité des soins et le pronostic.
Exemples cliniques :
Trois dimensions fondamentales
Pour comprendre la relation médecin–malade, il faut intégrer trois niveaux :
Le patient vient chercher :
Mais ce n’est pas suffisant pour que la relation fonctionne.
La relation doit être fondée sur :
Sans ces valeurs, la relation devient autoritaire ou mécanique.
Le patient est vulnérable :
Le médecin doit accueillir cette vulnérabilité avec empathie, écoute et présence.
La phrase d’Ambroise Paré prend ici toute sa force :
“Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours.”
→ Car écouter est déjà un acte thérapeutique.
Pour comprendre la relation actuelle, il faut connaître les modèles historiques.
Dominant jusqu’au XXᵉ siècle.
Le médecin est “le père”, le patient “l’enfant”.
Exemple clinique :
Un patient accepte une chirurgie simplement parce que “le docteur l’a dit”.
– Le médecin transmet l’information.
– Le patient choisit.
C’est le modèle des systèmes très libéraux.
Problème :
Il suppose que le patient peut comprendre des données complexes… ce qui n’est pas toujours vrai.
Médecin et patient collaborent.
→ La décision se construit ensemble : c’est la décision partagée.
Intègre émotions, contexte familial, culture, spiritualité.
Très utilisé en :
Cette relation est multidimensionnelle. Chaque dimension influence le traitement.
Le patient doit comprendre :
Sans compréhension → mauvaise observance, rechute, complications.
Exemple :
Un patient hypertendu arrête son traitement parce qu’il ne “sent rien”.
Le médecin doit expliquer que la maladie est silencieuse mais dangereuse.
Le patient peut vivre :
Le médecin doit reconnaître ces émotions, même s’il ne les partage pas.
Exemple :
“Je vois que cette annonce vous bouleverse. Prenez le temps. Je suis là.”
Trois règles essentielles :
Un patient ne peut faire confiance que s’il se sent respecté.
Deux patients ayant la même maladie peuvent avoir des réactions complètement différentes selon :
Exemples :
Le médecin peut être perçu comme :
Cette symbolique influence :
L’écoute est le premier traitement.
Elle comporte :
Exemples :
“Si je comprends bien, ce qui vous inquiète le plus est…”
“Vous avez eu l’impression qu’on ne vous prenait pas au sérieux.”
L’empathie permet de comprendre sans fusionner.
Elle améliore :
Un médecin doit être cohérent :
Un médecin qui ment “pour rassurer” brise la confiance.
Le médecin doit parler selon le niveau du patient.
➤ Vulgariser = expliquer simplement
➤ Sans infantiliser = respecter l’intelligence du patient
Exemple :
“Monsieur, un AVC, c’est un caillot qui bloque un vaisseau dans le cerveau.”
70% de la communication est non verbale.
Influencée par :
Un médecin pressé ou stressé transmet :
→ “Je n’ai pas le temps”
→ “Votre problème n’est pas important”
Exemple :
“C’est un jeune, il n’a rien.”
→ Erreur fréquente aux urgences.
Le patient participe à la décision.
Même s’il choisit différemment de ce que le médecin souhaite,
→ son choix doit être respecté (sauf danger vital immédiat).
Le patient doit comprendre :
La base absolue de la confiance.
Le médecin accompagne sans juger.
Méthode SPIKES indispensable pour limiter le traumatisme émotionnel.
Étapes :
Le ton que prend la consultation dès les 30 premières secondes conditionne tout.
Laisser parler le patient → il donne 80% du diagnostic.
Adaptées, structurées, claires.
Élaboré ensemble.
“Alors, qu’est-ce que vous retenez ? Avez-vous des questions ?”
Les écrans modifient :
Les risques :
Les opportunités :
Le défi :
rester humain dans un monde technique.
La relation médecin–malade est une rencontre humaine supérieure à tout protocole.
Un bon médecin n’est pas celui qui parle beaucoup,
mais celui qui est :
C’est la relation qui soigne.
C’est la relation qui rassure.
C’est la relation qui guide.
Le profil professionnel n’est pas un “style” personnel : c’est
En pratique, la médecine se fait rarement avec une certitude
Le stress fait partie intégrante de la médecine : urgence,